Nez bouché : les remèdes naturels recommandés par notre pharmacienne pour mieux respirer
En hiver, la sensation de nez bouché fait partie des petits maux du quotidien qui peuvent vite devenir inconfortables. Pourtant, ce type de gêne n’est pas systématiquement lié à un rhume ou à une infection. Le froid, l’air sec et l’environnement intérieur en sont souvent la cause et les bons réflexes ne sont pas toujours ceux auxquels on pense spontanément.
Estelle Garcia, pharmacienne chez Newpharma, répond à nos questions sur la congestion nasale et partage ses conseils pour retrouver une respiration plus confortable.
En cette période hivernale, de nombreuses personnes se plaignent d’un nez bouché. Pourquoi la congestion nasale est-elle plus fréquente quand il fait froid ?
E.G : En hiver, je rencontre très souvent des patients qui me disent avoir le nez bouché alors qu’ils ne sont pas spécialement enrhumés. C’est une situation qui s’explique par plusieurs mécanismes liés au froid et à notre environnement quotidien.
On oublie parfois que le nez ne sert pas uniquement à respirer ou à sentir. C’est aussi une véritable barrière de protection. Sa muqueuse, recouverte de petits cils et de mucus, filtre l’air que nous inspirons et retient les particules irritantes, les allergènes ou encore certains micro-organismes avant qu’ils n’atteignent les voies respiratoires inférieures.
Le manque d’aération favorise aussi l’accumulation de poussières et d’irritants dans l’air intérieur, ce qui peut accentuer l’inconfort, même chez des personnes non allergiques.
C’est pourquoi, un nez bouché n’est pas forcément synonyme de rhume ou d’infection. Il s’agit souvent d’une réaction naturelle de l’organisme face au froid, à l’air sec et à un environnement moins ventilé, même si chaque personne peut le ressentir différemment.
Que conseillez-vous à vos patients pour retrouver une respiration plus confortable en cas de nez bouché ?
E.G : Quand un patient me parle d’un nez bouché, je commence toujours par lui rappeler qu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours immédiatement à un traitement. Dans bien des cas, des gestes simples et naturels permettent déjà d’améliorer nettement le confort respiratoire.
Le premier réflexe que nous conseillons le plus souvent en pharmacie, c’est le lavage nasal. Réalisé avec une solution saline, il aide à nettoyer les fosses nasales, à éliminer les impuretés, les allergènes et l’excès de mucus, tout en réhydratant la muqueuse. Utilisé régulièrement, notamment lorsque l’air est sec ou que le chauffage est très présent, il contribue à maintenir un nez plus fonctionnel au quotidien.
J’insiste aussi beaucoup sur l’importance de l’environnement. Aérer les pièces de vie permet de renouveler l’air intérieur et de limiter l’exposition aux poussières et aux irritants. Veiller à une humidité suffisante, en particulier dans la chambre, aide également à préserver le confort des muqueuses nasales.
Enfin, un conseil très concret que je donne souvent est de surélever légèrement la tête pendant la nuit. Cette simple adaptation peut faciliter le drainage nasal et rendre la respiration plus agréable, surtout lorsque la gêne est plus marquée en position allongée.

Inhalations, huiles essentielles… Quels remèdes naturels peuvent vraiment aider à dégager le nez, sans agresser les muqueuses ?
E.G : Les remèdes naturels peuvent effectivement apporter un soulagement en cas de nez bouché, mais je rappelle toujours qu’ils doivent être utilisés avec discernement. L’objectif est d’aider à mieux respirer, sans agresser des muqueuses déjà fragilisées.
Les inhalations de vapeur font partie des solutions souvent évoquées. Dans la pratique, elles n’agissent pas sur la cause de la congestion, mais peuvent apporter un confort ponctuel. La vapeur aide à humidifier les muqueuses, à fluidifier les sécrétions et donne parfois une sensation immédiate de respiration plus libre. J’indique généralement qu’une inhalation simple à l’eau chaude, sans ajout d’actif, est souvent suffisante et mieux tolérée.
Les huiles essentielles, quant à elles, doivent être utilisées avec prudence. Certaines, comme l’Eucalyptus radié, peuvent donner une impression de nez dégagé mais ce sont des substances puissantes, parfois irritantes. Elles ne conviennent pas à tout le monde et sont notamment déconseillées chez les jeunes enfants, les femmes enceintes ou les personnes asthmatiques.
De manière générale, je conseille de privilégier des solutions douces et de demander l’avis d’un professionnel de santé avant d’utiliser des remèdes naturels, afin de choisir une option adaptée et bien tolérée.
Chez les enfants, un nez bouché soulève souvent des questions. Comment rassurer les parents et par quoi commencer pour soulager la congestion nasale des plus petits ?
E.G : Le nez bouché chez les nourrissons et les jeunes enfants est une situation que je rencontre très fréquemment au comptoir. C’est souvent source d’inquiétude pour les parents, alors que dans la majorité des cas, il s’agit d’un phénomène bénin et passager.
Contrairement à l’adulte, l’enfant respire principalement par le nez, notamment pendant les repas et le sommeil. Une simple congestion peut donc rapidement perturber l’alimentation ou le repos et rendre l’enfant plus irritable. Dans ces situations, j’insiste toujours sur l’importance d’agir en douceur, sans multiplier les produits.
Le premier geste que nous recommandons est le lavage nasal à l’aide d’une solution isotonique en unidose, éventuellement complété par un mouche-bébé si nécessaire. En pharmacie, je vois souvent des parents inquiets parce que leur enfant mange moins ou dort mal, alors que quelques lavages nasaux bien réalisés suffisent déjà à améliorer le confort respiratoire, notamment avant les repas ou le coucher.
Cela dit, chez les tout-petits, il est important de rester attentif à l’évolution des symptômes et de demander un avis médical si la gêne persiste ou s’aggrave.
Dans la pratique, comment faire la différence entre un nez bouché et un nez qui couleâ¯? Pourquoi est-ce important ?
E.G : Je constate que le nez bouché et le nez qui coule sont très souvent confondus, alors qu’ils reposent sur des mécanismes différents. Faire la différence est important, car cela conditionne directement les solutions à privilégier.
Le nez bouché est principalement lié à un gonflement de la muqueuse nasale. Sous l’effet d’une inflammation, les vaisseaux sanguins se dilatent et réduisent le passage de l’air. Le ressenti est celui d’un nez « plein », avec peu ou pas d’écoulement, mais une respiration plus difficile.
À l’inverse, lorsque le nez coule, c’est la production de sécrétions qui est en cause. Le mucus devient plus abondant et plus fluide, souvent pour évacuer un agent irritant, un allergène ou un virus. Dans ce cas, la respiration peut rester relativement correcte mais l’écoulement est constant et gênant.
Je vois régulièrement des patients qui utilisent les mêmes produits par habitude, sans tenir compte de ces différences. Cela peut parfois aggraver l’inconfort, par exemple en asséchant des muqueuses déjà irritées ou en laissant des sécrétions s’accumuler.
Ce que je conseille, c’est de partir du ressenti (nez bouché, qui coule, gêne respiratoire plus ou moins marquée…) et d’adapter les solutions et les gestes à ces sensations, pour un soulagement plus efficace et mieux toléré.
Dans la majorité des cas, un nez bouché est bénin. À partir de quand faut-il se poser des questions et demander un avis médical ?
E.G : Dans mon quotidien de pharmacienne, je rassure souvent les patients : le nez bouché est la plupart du temps sans gravité et finit par passer. Néanmoins, certains signes doivent amener à se poser des questions.
Le premier élément à prendre en compte est la durée. Une congestion qui persiste plusieurs jours sans amélioration mérite d’être évaluée. J’oriente également vers une consultation médicale en cas de gêne respiratoire importante, de douleurs au niveau du visage ou de sensation de pression dans les sinus.
La présence de fièvre ou un nez bouché qui touche un seul côté de façon prolongée doivent aussi attirer l’attention. Chez les enfants, je conseille d’être encore plus attentif.
En pharmacie, nous sommes souvent le premier point de contact. Je dis régulièrement aux patients que si les symptômes paraissent inhabituels, s’aggravent ou durent dans le temps, il est préférable de consulter afin d’être orienté vers une prise en charge adaptée.
Quelques pistes pour soulager un nez bouché
- Le nez bouché est fréquent lorsque les températures baissent et n’est pas toujours lié à un rhume. Le froid, l’air sec et le chauffage peuvent fragiliser les muqueuses et favoriser la congestion nasale.
- Avant d’utiliser des produits, des gestes simples font souvent la différence. Le lavage nasal régulier, l’aération des pièces et une humidité intérieure suffisante contribuent à améliorer la respiration.
- Les remèdes naturels, comme les inhalations ou certaines huiles essentielles, peuvent apporter un soulagement ponctuel. Leur utilisation doit toutefois rester adaptée à l’âge, à la sensibilité de chacun et se faire avec prudence.
- Chez l’enfant, la priorité va aux solutions douces et mécaniques, en particulier le lavage nasal avec une solution isotonique adaptée.
- Un avis médical est recommandé si le nez bouché persiste, s’aggrave ou s’accompagne de signes inhabituels, comme une douleur, de la fièvre ou une gêne respiratoire marquée.
L’essentiel à retenir
Le nez bouché est un inconfort fréquent, souvent lié à l’environnement et aux conditions extérieures.
Comme l’explique Estelle Garcia, prêter attention à ses symptômes et adopter les bons réflexes au quotidien permet, dans de nombreuses situations, de retrouver une respiration plus confortable. L’utilisation raisonnée des remèdes naturels s’inscrit dans cette approche, à condition de tenir compte des besoins et de la sensibilité de chacun.
En cas de doute, de gêne persistante ou de signes inhabituels, le pharmacien constitue un interlocuteur de confiance pour orienter et conseiller et, si nécessaire, recommander un avis médical.